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08.04.2008

LA CRISE DES FINANCES PUBLIQUES

JE VOUS PROPOSE CET ARTICLE DE CHRISTIAN ST-ETIENNE CONCERNANT LES FINANCES PUBLIQUES EN FRANCE EN 2008,

BONNE LECTURE!

L.M.D.S.

 

"Le déficit public a atteint 2,7% du PIB en 2007 et la dette publique 64,2% du PIB fin 2007. La croissance économique devrait être de l’ordre de 1,7% du PIB pour 2008 et le déficit public 2008 devrait vraisemblablement atteindre 2,8% du PIB.
Le point de vue de Christian Saint-Etienne 1, Professeur des Universités, Membre du Conseil d’Analyse Economique.


La crise des finances publiques doit s’analyser dans un contexte de crise d’offre, c’est-à-dire au moment où nos entreprises perdent massivement des parts de marché à l’exportation et sur le marché intérieur (la part des importations de biens et services dans la demande finale est passée de 18,5% en 1997 à 24,5% en 2007), et de mauvaise efficacité de la dépense publique, maintenir un niveau élevé de déficit public est une erreur grave. Car le déficit public ne correspond pas à des dépenses d’avenir (R&D, enseignement supérieur et investissement public)2 , mais résulte de la dérive des dépenses sociales et de l’incapacité du pouvoir politique depuis 25 ans à rationaliser des structures publiques enchevêtrées et à améliorer la productivité de la sphère publique. Dans un tel contexte, le maintien d’un niveau élevé de déficit public, loin de soutenir la demande intérieure, contribue à entretenir un niveau élevé de déficit commercial extérieur et alimente une perte de crédibilité dans les capacités de rebond de la France.

Le gouvernement a lancé le 20 juin 2007 une ambitieuse réforme de l’Etat dans le cadre d’un processus intitulé "revue générale des politiques publiques" (RGPP). L’objectif est d’aboutir à un Etat plus efficace, avec des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés, et des "usagers" plus satisfaits. Les premières orientations de la RGPP ont été arrêtées le 12 décembre 2007 lors du premier "conseil de modernisation des politiques publiques".
La RGPP vise à organiser un véritable re-engineering de l’organisation de l’Etat. Les nouvelles orientations opérationnelles de l’action publique ont été présentées le 4 avril. Environ 140 mesures doivent contribuer à réduire la dépense publique de plus de 7 milliards d’euros à l’horizon 2001 (non remplacement d’un fonctionnaire d’Etat sur deux partant à la retraite hors Education nationale, réorganisation des services de l’Etat et des armées, abaissement des plafonds donnant droit à un logement HLM., etc.).
Cette rationalisation des dépenses ne doit pas être confondue avec les nécessaires réformes structurelles (retraite, santé, éducation, fiscalité) et ne réduira que marginalement le déficit public prévisible en 2008 et 2009.

Ceci étant, les deux principaux personnages de l’Etat ont désormais parfaitement posé le diagnostic de nos maux en déclarant, en septembre et décembre 2007, pour le Premier ministre, que "l’Etat est en faillite" et, pour le président de la République, qu’il faut "réduire la dépense publique d’au moins 150 milliards d’euros".
Sur la base de ce diagnostic pertinent, il faut rétablir rapidement l’équilibre des finances publiques en conduisant les réformes structurelles et en engageant les collectivités locales dans le processus d’optimisation de l’action publique. "

 

1Christian Saint-Etienne vient de publier La France est-elle en faillite ? Quinze propositions pour en sortir, chez Bourin Editeur. 
2 Elles restent limités à 5,2% du PIB depuis plusieurs années (sur les 53,5% du PIB de dépense publique).

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